Vincent Leray – Oeuvres vives – Zoomorphie – Matière sensible

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Une part visuelle du projet inscrit dans l’espace d’exposition se donne à voir comme un ruban mural déployant l’itinéraire du voyage parmi l’ensemble architectonique. La trajectoire du tracé qui se confronte à la superficie des lieux est ponctuellement balisée par une succession de 47 doubles initiales identifiant les destinations de l’expédition.
 Chaque paire d’initiale s’accompagne d’un pictogramme étoilé indiquant un renvoi vers une signification inscrite en toutes lettres ; PY : Papeete, NC : Nouméa, etc.

Selon les usages du langage typographique et languistique, les astérisques remplissent une double fonction ; le premier est un émetteur, le second un récepteur. Placé à la suite d’un terme, l’un indique généralement un renvoi vers une note en bas de page, l’autre signale la restitution du sens ou du contexte. Symbole graphique représenté lui-même par une forme rayonnante à 5 branches, il s’infiltre dans notre quotidien, proliférant parmi les codes publicitaires, ceux de la littérature et de l’édition.

En se substituant ici à l’astérisque, l’instrumentalisation du motif rayonnant qui réactive ses valeurs d’usage (Zoomorphie, Les Utilitaires) invite le visiteur à circuler dans les lieux en décryptant l’identité de chaque port.
J’ai souvent pratiqué cette petite expérience qui consiste à vérifier les capacités fonctionnelles qu’entretient ici la forme étoilée en proposant à des amis de me donner la signification des initiales. Dans la plupart des cas, le décryptage de l’information reste difficile voire impossible sans le recours à un moyen de connaissance.
C’est à partir de ce petit jeu de devinette que toute l’architecture du projet Oeuvres Vives s’est élaborée.
L’exposition révèle une ambiguïté laissant planer un doute sur la nature de la traversée ; s’agit-il d’un authentique voyage ou d’une pure construction mentale ? Je suis moi-même un marin, la pratique de la voile m’a permis d’injecter un ensemble de traces et d’indices personnels dans l’exposition. Le matériel de bord qui provient de Vivéva (mon bateau) laisse à penser qu’un voyage par la mer a pu s’accomplir. C’est l’importation de ces fragments de réel dans l’exposition qui fissure les frontières entre voyage fictif et véritable traversée maritime.
L’exposition conçue elle-même comme une pratique ne s’expérimente pas dans le seul contexte du projet Œuvres Vives, mais s’inscrit dans la globalité du corpus Zoomorphie.

 

Oeuvres Vives
 
Vincent Leray - Exposition Oeuvres Vives - Centre Ozanam, Nantes - 2007